A) Les années d'après guerre : un reflet de la prospérité
En ces lendemains de libération , la France s'apprète à reconstruire le pays détruit par la guerre , et d'importants changements économiques ,sociaux et musicaux apparaissent .
De nouveaux conflits s’installent : La guerre froide suivit des guerres coloniales ( Indochine en 1946 ; Algérie en 1954) ,mais cela ne perturbe pas le climat prospère des Trente glorieuses .Durant cette période ,les français découvrent la facilité du progrès technique , les plaisirs de la consommation , le plein emploi ( taux de chômage faible ) , une expansion démographique forte ( baby boom ) .
Les loisirs prennent une part importante du bugdet des français ( notamment grâce à la troisième semaine de congés payés ) et contribue à la forte demande en produits culturels accompagné de l'essor de la radio et de nouveaux talents .
La chanson , elle , est marqué par une émergence des nouveaux genres comme la rengaine , la chanson poétique, la chanson à texte ou la chanson engagée ( dût à la renaissance des airs politiques ).
La chanson devient alors le moyen d’expression d'une population désireuse de profiter de la vie et des nouveaux plaisirs de la croissance . Les pays du soleil commencent à être à la portée de tous. Le monde hispano-américain , les caraïbes ,la méditerranée sont les principales références comme: La Samba brésilienne de Ginette Garcin , Les yeux de muchachos d'André Dassary Amigo mi o et Si tu vas a Rio (1958)de Dario Moreno , Come prima (1958)de Marino Marini ou Le printemps à Rio .
Ce genre révèle au grand public Gloria Lasso avec Etrangère au paradis et surtout Dalida qui connait un immense succès avec Bambino (1956) et Le gondolier (1957).
Les paysages de la France sont élogés avec les chansons : cerisiers roses et pommiers blancs de André Claveau ; Papa, maman la bonne et moi de Robert Lamoureux ou encore La route nationale 7 (1955)de Charles Trenet . Le monde de la chanson s’agrandit , traduisant une prospérité et gaieté ainsi qu’un large evantail de nouveaux genres .
Les cabarets de la rive gauche , les caves de Saint-Germain-des-prés ou encore Montmartre sont les lieux ou les courants musicaux se diffusent le plus : La chanson à texte dont le premier succès de ce courant est le morceau de Juliette Gréco Si tu t'imagines .
La musique intellectuelle triomphe également dans ces lieux avec les Frères Jacques et leurs chansons mimées : La truite de Schubert (1956), La queue du chat (1953)...
C'est encore dans ces cabarets que Marcel Mouloudji interprète ses chansons poétique et sensibles comme Mon pot' le gitan (dédié au guitariste Django Reinhardt) ou Un jour ,tu verras .
La chanson intellectuelle connait un grand succès et fait naître un grand nombre d'artistes comme Georges Brassens ( Le gorille qui fut jugée et censurée) , le poète de la chanson Jacques Brel (Le diable , sur la place ,Quand on a que l'amour(1957) ,Ne me quitte pas(1959), les bourgeois... ).
L'amour est encore un sujet musical du début des Trente Glorieuses. Aussi , la chanson commence à prendre un caractère engagé et politique , c'est-à-dire où les opinions des artistes se dessinent .
Il y eu aussi Léo Ferre (La vie d'artiste(1953) , Merde a vauban(1960) ) qui utilise la chanson aussi pour rappeler ses idées anarchistes comme L'oppression , ni dieu ni maitre , mais l'utilise aussi pour exprimer ses états d'âmes : Pépée ou encore Avec le temps .
Pour finir il y eu aussi Barbara qui débuta au cabaret et composera puis ensuite ; Guy Béart , Philippe Clay ou encore le célèbre Serge Gainsbourg à la fin des années 1950 .

Leo Ferre Edith Piaf Les frères Jacques
B) Les années 1960 : de la contestation à la crise de 1968
Les années 1960 sont partagés entre un mouvement contestataire et une révolution culturelle.
La chanson traduit tout d’abord un refus des règles imposées par la société ( l'exemple de Gorille de Georges Brassens qui critique la peine de mort ).
La société est massivement critiqué par un grand nombre d’artistes et subit un grand malaise.
Elle passe, notamment dans ce mouvement intellectuel et à sensibilité de gauche, par une détestation du bourgeois. On le retrouve encore une fois chez Brel avec Bourgeois ( « les bourgeois c’est comme des cochons ») en 1960.
Un des plus critique de la société est Boris Vian avec J'suis snob , Complainte du progrès (qui tourne en dérision les appareils électroménagers de la nouvelle société de consommation) , Java des chaussettes à clous (critiquant les forces de l'ordre) ou encore le célèbre Le déserteur (chanson exprimant le refus d'aller à la guerre) en 1955 ,interdite et censurée .
A gauche , la chanson engagée dénonce le militarisme et le colonialisme .
Laura Diana chante Marie Dominique qui parle des illusions perdues des soldats d'Indochine .
Les compagnons du parti communiste multiplient les couplets militaristes comme Brassens ou Ferré ou Brel , il y eu aussi Yves Montand avec Quand un soldat ou Giroflé-Girofla (chanson pacifiste).
La contestation s’attaque aussi aux tabous concernant les mœurs comme Jolie môme de Léo Ferré en 1960.
Mais le genre engagé est nuancé par les influences des idées de gauche et l'impact des guerres coloniales est un peu mise à l'écart par la vague yéyé , qui submerge la France dans les années soixante .
Les année soixante-68 sont le moment d'un phénomène social important , celui de l'irruption de la jeunesse comme un véritable groupe social qui se caractérise par leur désir d’être autonome et leur rejet des règles et valeurs .
Le courant yéyé est baptisé par le sociologue Edgard Morin pour désigner un phénomène social et culturel .
Le monde du spectacle fait naitre l'industrie du show business , qui répond aux attentes de ces jeunes en inscrivant un nouveau modèle culturel ( vêtements , accessoires : du transistor à la guitare électrique ) de nouvelles modes musicales ( chansons yéyé , rock , pop , jazz … ) et de nouvelles idoles à admirer .
La vague yéyé débute par l'arrivée de Johnny Hallyday(les succès de cette époque ex: Les portes du pénitencier).
Multiples groupes , chanteurs en herbe , lolitas font émergés quelques talents : les chausettes noires , qui permettront à Eddy Mitchell de connaître le succès ,Les chats sauvage révèleront Dick Rivers et Les Cyclones leur guitariste Jacques Dutronc ( dont les chansons dénoncent les défauts de la société ).
Ce courant yéyé célèbre le passage à l’âge adulte ainsi que l'amitié d'où la célèbre émission d'Europe 1 de Daniel Filipacchi « SALUT LES COPAINS ».
Il y a une hâte d'en finir avec l'école ( effort , discipline , règles … ) exprimée par de nouvelles vedettes comme Sheila ( L'école est finie en 1963) , France Gall ( Sacré Charlemagne en 1965) .
Ce phénomène de génération célèbre la sociabilité en terme de « Copains » : Sylvie Vartan interprète Tous mes copains , Sheila Vous les copains (1964) , Françoise Hardy Le temps de l'amour en 1963 .
Les jeunes écoutent leur idoles en 45 tours sur des électrophones portatifs, constituent des fans clubs et organisent des « boums » d'où les chanson de Alice Donna Surboum 63 .Claude François apparait aussi avec Belles,belles,belles .
A l’étranger, de nombreuses vedettes apparaissent comme les Beatles, les Rolling stones ,Pink Floyd , les Jackson 5 ou encore the doors.
Cependant , cette vision idéalisée de la société ne l'est pas pour une grande partie des français . Les conditions de vie deviennent un peu plus dures et monotones , sans animation ( surtout à la campagne).
Rares sont les chanson qui évoquent cette univers sans enthousiasme ( Dimanche à Orly de Gilbert Bécaud).
Le lancement médiatique de nouvelles vedettes commerciales qui diffuse la vague yéyé connait donc un énorme succès .
Cependant , ce succès s'essouffle (les chanteurs du« temps des copains » sont même rejetés vers 1965) et ne parvient pas à étouffer le malaise de la société exprimé par exemple par Inventaire 66 de Michel Delpech , annonçant la « révolution » de 1968 .

Georges Brassens Yves Montand Boris Vian

Johnny Hallyday Sylvie Vartan Françoise Hardy
C) 1968-1975: le temps du doute et de la crise
Etranges années que cette période 1969-1976 au cours de laquelle se télescopent deux ambiances culturelles. Les français vivent l'après-1968, soit sur le mode du retour aux années heureuses où l'on consommait sans se poser de questions, soit sur celui du refus de la croissance dont on sait désormais qu'elle n'apporte pas nécessairement le bonheur.
Apparemment insensible au mal-être éprouvé par la France, ainsi qu'aux interrogations des Français, le show-business contribue à unifier la période en produisant imperturbablement son lot de vedettes et de disques.
Il porte au firmament des artistes de la génération yéyé comme Claude François, Sheila et lance pour quelques mois ou quelques années des stars dont on espère qu'elles répondront à l'attente du public.
Les thèmes abordés sont variés.
En ces années où les crises successives qui affectent le pays entraînent une quête d'identité, la France et ses symboles se portent bien dans la chanson médiatique. Vive la France, chante Stone en 1968, J'habite en France répond en écho Michel Sardou en 1971, il y a du soleil sur la France affirment Stone et Charden en 1971.
En parallèle, dans un autre style, Joe Dassin connaît un grand succès avec l'été Indien. Reste enfin la valeur commerciale sûre que représente la chanson comique, dont les vedettes sont Annie Cordy, et surtout Pierre Perret. Le caractère spécifique de toute cette production demeure son caractère intemporel. Seuls le vocabulaire ou les rythmes permettent de dater ces chansons.
La crise de mai 68 n'a, sur le moment, guère touché le monde de la chanson. Dans l'ensemble, le monde du show-business a surtout vu dans la crise qui affecte le pays un obstacle à la vente d'albums. Il faut attendre les années qui suivent pour voir les évènements évoqués.
En revanche, Mai 68 apparaît comme le symptôme d'une révolution dans les normes sociales, dans les valeurs individuelles, dans les pratiques culturelles, représentant un véritable tournant.
L'épanouissement individuel, le refus de l'aliénation de l'homme, la recherche du bonheur personnel, voire du plaisir, entraînent le refus des contraintes, qu'elles soient imposées par le travail, la société, ou la famille.
C'est pourquoi le phénomène hippie, la culture beatnik, apparaît, et connait une sorte d'âge d'or dès le milieu des années soixantes. Cette nouvelle tendance inspire à Johnny Hallyday en 1970 avec Jésus-Christ est un hippie, à Michel Delpech avec Wight is wight, et lance des interprètes comme Demis Roussos et surtout Julien Clerc.
En cette première moitié des années 1970, la remise en cause des valeurs et des aspirations à la croissance, au confort, à l'accumulation des biens matériels. En effet, cette société de consommation laisse place à une recherche de nouvelles normes qui rejettent le conformisme de cette société matérialiste, au profit d'une volonté de liberté individuelle, du refus de la carrière, de l'abandon des positions solidement établies.
Ce courant fait le succès des chansons qui évoquent le nomadisme, la contre-culture de l'errance. Le voyage devient un des thèmes majeurs de la génération post-soixante-huitarde. Il imprègne des chansons comme Le Saltimbanque de Maxime le Forestier (1975) ou Quand je vois passer un bateau de Guy Bontempelli (1973)
En somme, le rejet des valeurs de la société marchande, industrielle, productiviste et de son cadre urbain rend enfin compte de la volonté de ressourcement qui se manifeste par la recherche des racines terriennes. Ce courant, passéiste dans son inspiration, tente de moderniser la résurrection du folklore regionaliste, et fait également naître une culture alternative.
Ce courant yéyé célèbre le passage à l’âge adulte ainsi que l'amitié d'où la célèbre émission d'Europe 1 de Daniel Filipacchi « SALUT LES COPAINS ».
Il y a une hâte d'en finir avec l'école ( effort , discipline , règles … ) exprimée par de nouvelles vedettes comme Sheila ( L'école est finie en 1963) , France Gall ( Sacré Charlemagne en 1965) .
Ce phénomène de génération célèbre la sociabilité en terme de « Copains » : Sylvie Vartan interprète Tous mes copains , Sheila Vous les copains (1964) , Françoise Hardy Le temps de l'amour en 1963 .
Les jeunes écoutent leur idoles en 45 tours sur des électrophones portatifs, constituent des fans clubs et organisent des « boums » d'où les chanson de Alice Donna Surboum 63 .Claude François apparait aussi avec Belles,belles,belles .
A l’étranger, de nombreuses vedettes apparaissent comme les Beatles, les Rolling stones ,Pink Floyd , les Jackson 5 ou encore the doors.
Cependant , cette vision idéalisée de la société ne l'est pas pour une grande partie des français . Les conditions de vie deviennent un peu plus dures et monotones , sans animation ( surtout à la campagne).
Rares sont les chanson qui évoquent cette univers sans enthousiasme ( Dimanche à Orly de Gilbert Bécaud).Le lancement médiatique de nouvelles vedettes commerciales qui diffuse la vague yéyé connait donc un énorme succès .
Cependant , ce succès s'essouffle (les chanteurs du« temps des copains » sont même rejetés vers 1965) et ne parvient pas à étouffer le malaise de la société exprimé par exemple par Inventaire 66 de Michel Delpech , annonçant la « révolution » de 1968 .

La contestation s’attaque aussi aux tabous concernant les mœurs comme Jolie môme de Léo Ferré en 1960.
Mais le genre engagé est nuancé par les influences des idées de gauche et l'impact des guerres coloniales est un peu mise à l'écart par la vague yéyé , qui submerge la France dans les années soixante .
Les année soixante-68 sont le moment d'un phénomène social important , celui de l'irruption de la jeunesse comme un véritable groupe social qui se caractérise par leur désir d’être autonome et leur rejet des règles et valeurs .Le courant yéyé est baptisé par le sociologue Edgard Morin pour désigner un phénomène social et culturel .
Le monde du spectacle fait naitre l'industrie du show business , qui répond aux attentes de ces jeunes en inscrivant un nouveau modèle culturel ( vêtements , accessoires : du transistor à la guitare électrique ) de nouvelles modes musicales ( chansons yéyé , rock , pop , jazz … ) et de nouvelles idoles à admirer .
La vague yéyé débute par l'arrivée de Johnny Hallyday(les succès de cette époque ex: Les portes du pénitencier).
Multiples groupes , chanteurs en herbe , lolitas font émergés quelques talents : les chausettes noires , qui permettront à Eddy Mitchell de connaître le succès ,Les chats sauvage révèleront Dick Rivers et Les Cyclones leur guitariste Jacques Dutronc ( dont les chansons dénoncent les défauts de la société ).
Les années 1960 sont partagés entre un mouvement contestataire et une révolution culturelle.
La chanson traduit tout d’abord un refus des règles imposées par la société ( l'exemple de Gorille de Georges Brassens qui critique la peine de mort ). La société est massivement critiqué par un grand nombre d’artistes et subit un grand malaise.
Elle passe, notamment dans ce mouvement intellectuel et à sensibilité de gauche, par une détestation du bourgeois. On le retrouve encore une fois chez Brel avec Bourgeois ( « les bourgeois c’est comme des cochons ») en 1960.
Un des plus critique de la société est Boris Vian avec J'suis snob , Complainte du progrès (qui tourne en dérision les appareils électroménagers de la nouvelle société de consommation) , Java des chaussettes à clous (critiquant les forces de l'ordre) ou encore le célèbre Le déserteur (chanson exprimant le refus d'aller à la guerre) en 1955 ,interdite et censurée .
A gauche , la chanson engagée dénonce le militarisme et le colonialisme .
Laura Diana chante Marie Dominique qui parle des illusions perdues des soldats d'Indochine .
Les compagnons du parti communiste multiplient les couplets militaristes comme Brassens ou Ferré ou Brel , il y eu aussi Yves Montand avec Quand un soldat ou Giroflé-Girofla (chanson pacifiste).